Exceptionnel et unique ensemble de 117 gouaches et dessins p - Lot 147

Lot n° 147
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Exceptionnel et unique ensemble de 117 gouaches et dessins p - Lot 147
Exceptionnel et unique ensemble de 117 gouaches et dessins par George DESVALLIERES pour illustrer Rolla d'Alfred de MUSSET en deux volumes, 1905-1906 : MUSSET, Alfred (de), Rolla, Paris, A. Romagnol Éditeur, 1906. 2 volumes in-folio, maroquin lie-de-vin, larges décors doré et mosaïqué ornant les plats du premier volume, aux motifs d'Ève cueillant le fruit défendu tendu par le serpent (plat supérieur), et trois serpents dans l'arbre (plat inférieur), scarabées en coin, dos à nerfs orné, doublure de maroquin brun à décor doré et mosaïqué, tranches dorées, un mors fendu, étuis. Reliure par René Kieffer (étiquette René Kieffer, reliures d'art, 18 rue Séguier, Paris). Illustrations en couleurs par George DESVALLIERES (1861-1950). Exemplaire unique, contenant : - dans le premier volume 25 aquarelles et gouaches originales signées de George Desvallières, dont 24 préparant les illustrations finales de l'ouvrage, et 1 totalement inédite, avec pour chaque illustration les 4 tirages d'essais sur chine. - dans le second volume, 92 dessins et aquarelles originales préparatoires du même artiste, ainsi qu'une lettre de ce dernier adressée à l'éditeur Romagnol. Monsieur Maximilien AMBROSELLI, Docteur en Histoire de l'art, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. 06.59.45.82.54 Provenance : César-Abraham Romagnoli, dit Romagnol (1865 - 1918), graveur, illustrateur et éditeur italien ayant exercé son activité en France. Exposition : 1905, Salon d'Automne, troisième édition, du 18 octobre au 25 novembre, Paris, Grand-Palais des Champs-Élysées (Cat. n° 459 : Suite de 25 illustrations pour Rolla, d'Alfred de Musset (Collection des Dix)). Bibliographie : - Vallery-Radot, R., " George Desvallières ", L'Art et les Artistes, 2e année, n°100, octobre 1929, p. 19-20. - Garreau, A., George Desvallières, Angoulême, Les Amis de Saint François, 1942, p. 182. - Ambroselli de Bayser, C., George Desvallières et le Salon d'automne, Paris, Somogy éditions d'art, 2003, p. 31, 38, 66, 71, 74 (Collet), 81, 104, 106, 146 à 148, fig. 57 p. 70, fig. 1-8 p. 75-77, fig. 61 p. 80. - Ambroselli de Bayser, C., Lequeu, T., Hornus, P., George Desvallières, Catalogue raisonné de l'oeuvre complet, Paris, Somogy éditions d'art, 2015, vol. 2, p. 250-260. Si le Salon d'automne de 1905 entre dans la postérité avec l'émergence du fauvisme, le peintre George Desvallières y fait également sensation en exposant une importante série de vingt-quatre aquarelles originales, réalisées pour l'illustration de Rolla d'Alfred de Musset (cat. n° 459). L'univers décadent comme le caractère tragique de ce célèbre poème romantique ne pouvaient semble-t-il que rejoindre les aspirations de Desvallières, disciple de Gustave Moreau, féru des écrits de Baudelaire, Bloy et Huysmans. Publiés en 1833, les sept-cent-quatre-vingt-quatre vers de Musset conte l'histoire de Jacques Rolla, un orphelin bien né de dix-neuf ans qui, en possession d'une petite fortune mais souffrant du mal de l'ennui, la dilapide rapidement dans une vie anarchique et voluptueuse. Le jeune homme finit par se tuer après une dernière nuit de débauche en compagnie de Marion, une prostituée de quinze ans. L'amour spontané que lui manifeste cette dernière au moment où il boit le poison lui révèle que la possibilité d'aimer était en définitive demeurée intacte en lui. La pitié qu'éprouve Jacques Rolla pour Marion n'est pas sans évoquer celle de l'artiste pour les prostituées de ses récentes compositions, issues de ses observations directes de la vie nocturne de Londres et du Moulin-Rouge. Une autre dimension, plus spirituelle, a très vraisemblablement séduit l'artiste, récemment converti au catholicisme. En effet, dans Rolla, Musset semble en partie livrer ses propres questionnements intérieurs. Il effectue une longue introduction sur la mort des dieux païens et du Dieu chrétien, où il interpelle directement la figure rédemptrice du Christ. Puis, dans la quatrième partie, il fustige Voltaire, l'ironique déicide et fait l'éloge des monastères, où se boit un amour absolu. Enfin, dans la dernière partie du poème, il laisse entrevoir la possibilité d'une rédemption par l'amour à travers la destinée de son héros, ce qui n'est pas, malgré la fin tragique, sans relever d'une certaine perspective chrétienne. Au coeur même de la débauche, le salut demeure possible. Finalement publié en 1906 à seulement trois cents exemplaires numérotés, l'ouvrage conclut la prestigieuse " Collection des Dix " entamée en 1895 et s'inscrit dans le cadre du renouveau que connaît le livre d'art au tournant du siècle, en privilégiant le peintre comme l'illustrateur par excellence. C'est à la fin de l'année 1904 que l'éditeur Abraham Romagnol commande à Desvallières une vingtaine d'illustrations pour Rolla en s'engageant à se porter acquéreur des aquarelles originales ainsi que des croquis préparatoires.
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